Lena situations en plein interview avec Adèle Exarchopoulos à la 49e cérémonie des César 2024 Canal +
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Lena situations en plein interview avec Adèle Exarchopoulos à la 49e cérémonie des César 2024
4 août 2025

Les influenceurs sont-ils le futur du journalisme ?

Nébuleuse encore mal identifiée par beaucoup, référence incontournable pour la Gen Z, les "jinfluenceurs" – contraction de journaliste et d'influenceur – bousculent l'écosystème historique des médias et les codes informationnels.

Impossible de scroller sur les réseaux sociaux sans tomber sur l’un des fameux récap’ des « 5 actus » du jour signé Hugo Décrypte. Le format est minimaliste, chaque actu résumée en deux paragraphes, le tout assorti d’un mème – une image détournée à des fins souvent parodiques – et d’un débat du type : « François Bayrou peut-il rester Premier ministre avec une popularité aussi basse ?« .

Ces condensés d’actu cartonnent. Un récent rapport de l’Institut Reuters de l’université d’Oxford souligne ainsi qu’Hugo et son média sont davantage cités comme source d’information sur les réseaux sociaux que Le Monde, Le Figaro et Libération combinés.

Mais la « jinfluence » regroupe sous son parapluie de nombreux autres profils. En scrollant sur YouTube, on peut ainsi tomber sur la matinale de Samuel Etienne (ex-France Info), sur Elise Lucet (Cash Investigation) qui dérushe l’info côte à côte avec Squeezie, ou encore Gaspard G, vidéaste politique aux plus d’1 million d’abonnés, en entretien avec Gabriel Attal (vidéo en collaboration avec TF1).

L’entretien d’un lien « parasocial »

Comment expliquer ce succès ? Par le ton, tout d’abord. Les « jinfluenceurs » rompent avec la distance parfois orgueilleuse et vieux jeu des médias traditionnels pour adopter une approche ludique ou intimiste. Par la personnalisation, aussi, qui permet de créer une communauté de fans autour du créateur. Une tendance imitée par les éditeurs « qui font de plus en plus apparaître leurs reporters dans leurs vidéos afin que les spectateurs se sentent liés à eux« , explique le New York Times. Par la gratuité, enfin, car tous ces contenus sont en accès libre.

Des tensions non résolues

Reste la question déontologique que ces journalistes-influenceurs ne respectent pas toujours… Rémunération des invité⸱es, contenu sponsorisé, partenariats avec des marques : l’influence est un business très lucratif qui pèserait 6,5 milliards d’euros en 2024, d’après l’une des rares études menées sur le secteur.

Dans un tel brouillage des frontières entre le monde de l’influence et celui de l’info, quel cadre éthique poser ? Pensons à la Déclaration de Munich, qui régit depuis 1971 les droits et devoirs des journalistes, et qui souligne bien le cadre déontologique de toute activité d’information, quels que soient les supports utilisés.

Si ce rappel est nécessaire, il ne suffira pas à juguler la déferlante en cours. Le phénomène de la « jinfluence » croise toutes les problématiques applicables au monde des médias : la logique commerciale de l’info, l’éditorialisation à outrance, la fausse expertise… mais aussi le manque criant d’éducation aux médias ou le fourre-tout des algorithmes qui entremêlent sur les réseaux sociaux des enquêtes sur le nucléaire français avec des vidéos de capybaras à dos de crocodile (véridique !)… Bref, à quand les états généraux de la « jinfluence » ?

Un article rédigé par Laura Quenneville

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