Capture d'écran de l'article de Challenges Les 500 plus grandes fortunes de France
Challenges : Les 500 plus grandes fortunes de France
6 octobre 2025

Une actu, deux points de vue : les grandes fortunes

Le classement annuel des 500 plus grandes fortunes de France par le magazine Challenges donne lieu à un traitement éditorial très variable selon les journaux.

« Arrêtons la chasse aux riches ! » Dans son dossier annuel consacré aux 500 plus grandes fortunes de France, la rédaction de Challenges n’hésite pas à reprendre à son compte le leitmotiv de Bernard Arnault. Serait-ce parce que le patron de LVMH contrôle 40 % du magazine depuis 2021 ? Nos confrères et consœurs mentionnent certes que le patrimoine cumulé des heureux élus « a été multiplié par quatorze depuis vingt ans quand le Smic, lui, n’a même pas doublé ». Mais c’est aussitôt pour ajouter : « Est-ce indécent ? Il faut au contraire s’en réjouir. »

Chanter les louanges de la « performance entrepreunariale »

Challenges l’assume : son classement est conçu comme un baromètre de la performance entrepreneuriale (…), de la France qui ose, investit, transforme. Et à ce compte, cocorico ! Avec ses 2,9 millions de millionnaires, notre pays serait champion du monde, se réjouit le magazine. Seul regret : avec la baisse de la Bourse, 100 milliards d’euros se sont évaporés en un an, ce qui porte quand-même toujours le cumul des richesses de ce classement des seuls biens professionnels à 1 128 milliards d’euros.

Dans la presse régionale, le traitement éditorial de ce « marronnier » (un sujet éditorial récurrent) est sans surprise : quels sont les Bretons/Nordistes/Normands/Etc. les plus riches ? Le vénérable quotidien Le Monde, lui, relève le « coup de théâtre » du classement puisque la famille Arnault a perdu sa place de N°1 – qu’elle occupait depuis 2017 – au profit des héritiers Hermès, dont le groupe a beaucoup mieux résisté à la crise.

D’autres échos ?

Il faut aller voir du côté de L’Humanité pour lire que, si la famille Arnault a perdu sa pole position, ses membres se sont quand-même versés 3,1 milliards d’euros de dividendes en 2024 « qui ne seront pas taxés puisque conservés dans les holdings et que l’Europe a proscrit toute taxation entre sociétés mère – filles… ce qui n’est pas le cas aux États-Unis ». Et d’appeler à l’instauration de la taxe Zucman sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros afin de permettre au Premier ministre François Bayrou de renflouer les caisses.

C’est sans aucun doute dans le webzine Frustration que la critique est la plus acerbe. « Comment s’y prend Challenges pour ne pas faire de son classement annuel un brûlot anticapitaliste ? », s’interroge son rédacteur en chef Nicolas Framont après avoir relevé qu’en pourcentage du PIB français (le total des richesses produites par le pays), la fortune des « parasites » est passé de 6 % en 1996 à… 42 % l’année dernière ! Pourquoi « parasites » ? Parce que, ajoute Frustration, les quatre grands leviers des fortunes sont l’héritage, l’exploitation du travail des autres, la fiscalité dérogatoire et avantageuse et les aides publiques qui font de la France « un paradis fiscal pour riches ».

Une info, miZZ lectures… Vive le pluralisme !

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