2 avril 2026

Ces nouvelles alliées de la presse pour fortifier l’info

Ces dernières années, de nombreuses associations se sont créées avec pour objectif de venir en appui aux journalistes et de lutter, avec elles et eux, contre la désinformation.

Elles s’appellent Expertises Climat, Cyber for good, Désinfox migrations, Science Feedback ou encore Data for good… Toutes ne poursuivent qu’un but : accompagner les journalistes afin qu’ils et elles ne tombent pas dans le piège des fakenews et informent au mieux le public. L’appui de ces nouvelles alliées de la presse est d’autant plus précieux que beaucoup de rédactions sont affaiblies par la crise économique du secteur et bousculées par une guerre informationnelle souterraine.

Pour Expertises climat, l’élection présidentielle de 2022 a constitué le déclic. « Nous étions désolé·es de constater la pauvreté des débats sur le climat, raconte Célia Gautier, fondatrice de l’association. Avec une poignée de chercheurs et chercheuses, elle s’emploie alors à « jeter des ponts entre scientifiques et journalistes pour améliorer le traitement médiatique sur l’environnement ». Quatre ans plus tard, Expertises Climat se prévaut de réunir plus de 250 chercheur·euses et d’avoir travaillé avec plus de 1000 journalistes ou producteur·ices de contenus d’information sur les réseaux sociaux.

Concrètement, l’association organise des webinaires journalistes-chercheur·euses sur des thèmes aussi variés que la gratuité des transports publics ou la manière de résister à la montée des prix du pétrole. Peu à peu, Expertises Climat a développé une stratégie « d’immunisation démocratique », selon les termes de sa présidente, l’économiste du climat Anna Créti, c’est-à-dire de lutte contre la désinformation en amont plutôt que de tenter de corriger chaque fausse information. Désinfox Migrations s’est lancée dès 2019 avec la même intuition : pour dénoncer les idées reçues sur le sujet hyper-médiatisé des migrations, il est nécessaire de rapprocher le monde des médias et celui de la recherche. Elle a aussi organisé des ateliers de travail entre les deux mondes.

L’association Cyber for good a lancé un programme spécial pour protéger les journalistes indépendant·es et de la presse quotidienne régionale (PQR) face à la menace informatique, un programme fondé par Advens for People and Planet et VIGINUM, en partenariat avec Les Surligneurs et Coop-médias. Cyber for Good s’est fixée pour mission première de protéger les journalistes contre les cyber-attaques et de les outiller. Mais parfois, elle n’hésite pas à accompagner des journalistes lors d’enquêtes. Il en va de même pour Science Feedback qui peut être amenée à factchecker pour le compte de rédactions. Data for good a un positionnement un peu différent. Cette structure met les compétences de ses 7 000 bénévoles féru·es d’informatique au service de projets montés par des ONG qui, ensuite, en font profiter les journalistes. Dernier projet en date ? Éclaireur public, une initiative menée avec Transparency International France et Anticor afin de mettre en ligne des données publiques et combler le manque de transparence des collectivités locales. Une mine d’or pour les rédactions.

« Le vrai souci des médias, c’est le manque de formation des journalistes et de moyens des rédactions, conclut Célia Gautier. Pour comprendre les enjeux climatiques, on ne peut pas se contenter de couvrir les propos tenus par les politiques. Il faut partir en reportage afin de sortir de la polarisation des débats et trouver des solutions à partir du terrain. » Grâce au compagnonnage de ces structures, ces carences sont en partie compensées.

Suggestions